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Un deuil de plus en plus individualisé et solitaire !
"Autrefois, jusqu’au milieu du XX e siècle, notre société tenait compte de la nécessité de « serrer les rangs » en cas de deuil. La famille élargie, le village ou le quartier manifestaient leur présence et prenaient part à la tristesse des proches endeuillés".
La coutume des veillées et des visites accompagnait l’entrée dans le deuil et, traditionnellement, la religion et ses rites canalisaient les émotions au cours de cérémonies dont le déroulement, d’obsèques en obsèques, était immuable et familier. Le mort prenait ainsi sa place parmi tous ceux qui l’avaient précédé.
Quant à l’espace public, il laissait de la place au deuil, comme quand, dans les villes, les cortèges funèbres parcouraient les rues au pas. L’habillement, lui aussi, extériorisait la perte par le port de vêtements ou d’accessoires (brassards, bouton au revers) noirs. Une coutume qui permettait aussi de signaler sa fragilité aux autres.
Depuis les années soixante environ, tout a changé. Les progrès de la médecine ont allongé la durée de la vie et restreint le nombre des décès. Quand on meurt, c’est le plus souvent à l’hôpital ou dans un EMS. La taille de la majorité des logements ne permet plus d’y veiller un corps et les familles, au sens large, sont souvent dispersées. Les convois funèbres ont disparu de la plupart de nos localités ; les impératifs du trafic ont eu raison de cette coutume. Et, désormais, le noir est une couleur comme les autres, juste un peu plus mode.
Conséquence: le deuil –comme la mort – se cache. Il s’est intériorisé. On le vit de plus en plus souvent dans l’intimité d’un cercle restreint, voire dans la solitude. Et, faute de pouvoir apprivoiser la mort par le biais de rites religieux et sociaux qui, pour une majorité de la population, ont perdu leur sens, le décès d’un proche est souvent ressenti comme une injustice difficile à accepter. D’autant plus que le rythme accéléré qui domine dans nos sociétés est en totale contradiction avec celui du deuil. On doit, en général, continuer à « fonctionner » et à travailler comme si de rien n’était.
Comment aider une personne en deuil
Quand on est en deuil, la présence, à ses côtés, de membres de la famille ou d’amis constitue un soutien inestimable. Mais cette attention ne doit pas se limiter à la période des obsèques, elle doit perdurer bien au-delà. Selon les spécialistes de l’état de deuil, c’est, en effet, plusieurs mois après la mort d’un proche que les sentiments d’abandon et de perte sont les plus forts. La première année –avec le passage des anniversaires et des Fêtes de fin d’année- est particulièrement pénible.
Ne cherchez pas à consoler, c’est tout simplement impossible. Ne dites pas non plus qu’avec le temps, la douleur s’atténuera. Aucune personne qui pleure un être cher ne vous croira. Mais soyez là pour écouter, pour évoquer la personne disparue avec votre parent (e) , votre ami(e). Prenez l’initiative des contacts. Pensez à l’inviter pour partager un café ou un repas et ne vous sentez pas inutile ou rejeté (e) en cas de refus. Votre prochaine proposition sera peut-être acceptée.
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